La malédiction enflammée

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La malédiction enflammée

Message par Passiflore le Ven 14 Avr - 12:49

A deux ans à peine, ma nièce Pammy n'était pas une enfant comme les autres, à bien des égards. Ses cheveux bouclés et brillants seyaient à sa personnalité et son intelligence était telle qu'elle donnait l'impression d'être plus âgée. Et elle était heureuse. Jusqu'à ce que ses parents déménagent.
Connie et Dan avaient jeté leur dévolu sur une vieille maison imposante à Terre-Haute, dans l'Indiana, avec des chambres spacieuses pour héberger leur famille qui s'agrandissait. Pammy était leur cinquième enfant et ils en attendaient un sixième. Le jour où ils emménagèrent, les parents de Pam découvrirent, affolés, un ours en peluche en train de se consumer dans le grenier de la nouvelle maison, mais pris par leur installation ils oublièrent aussitôt l'incident. Cependant, les faits qui suivirent donnèrent à croire que ce n'était pas de bon augure.
Dans cette maison, Pammy faisait d'affreux cauchemars et avait des visions, ce que tout le monde mit sur le compte d'une imagination débridée. Souvent, aux petites heures du matin, serrant contre elle sa poupée de chiffons bien-aimée, Pammy venait pleurnicher au lit de sa mère.
"Maman, il m'a poussée hors du lit. Il ne me laisse pas dormir et il essaye de me prendre ma poupée !"
D'autres fois, au milieu de la journée, Pammy se précipitait dans la cuisine en s'exclamant : "Maman, il m'a tiré les cheveux et il m'a pincée !" Elle était incapable de le nommer, mais d'après ses dires c'était toujours le même homme, jamais une femme. Une fois elle nous dit que son enquiquineur de visiteur était grand et vieux comme "Pappy" (c'est ainsi qu'elle appelait son arrière-grand-père), et qu'il avait environ 70 ans.
Certaines fois, ces expériences la bouleversaient tellement que Pammy en devenait presque hystérique : des gouttes de sueur se mêlaient à ses larmes qui coulaient sur son visage. D'autres fois, quand on lui demandait de parler de ces visites, elle refusait d'en discuter et haussait les épaules.
Connie et Dan étaient d'avis que la télévision était par trop stimulante pour Pam ou que peut-être elle jouait trop souvent seule. Elle avait besoin de plus de compagnie de façon à mettre un terme à ses inquiétantes mises en scène. Toutefois, tant de sollicitude ne l'empêcha pas de se réveiller la nuit, terrorisée.
Il arriva qu'un après-midi ensoleillé de mars 1961, Pammy manqua de se faire tuer par son invisible assaillant. Elle se tenait debout au milieu de la salle à manger lorsque soudain l'air retentit de ses cris de panique. Connie arriva en courant, et elle vit que tout son petit corps était en feu ! Les flammes jaillissant de l'ourlet de sa jupe la recouvraient totalement.
Elle souffrit d'atroces brûlures, et son corps fut atteint à plus de 75 %, nécessitant des mois d'hospitalisation et plusieurs greffes de peau. Malgré ses souffrances effroyables et ses cauchemars induits par les médicaments, Pammy ne pleura pas une seule fois, mais elle répétait souvent : "S'il te plait, Maman, ne le laisse pas me faire encore du mal."
Une inspection minutieuse de la salle à manger ne parvint pas à expliquer la cause de l'incendie. Mais pendant qu'elle était à l'hôpital Saint-Anthony, oscillant entre la vie et la mort, j'entendis une étrange histoire qui, je crois, explique ce tragique évènement.
Je travaillais à l'hôpital en tant qu'aide-soignante. Il arrivait, parfois, de partager sa table avec un parfait inconnu quand on allait boire un café. Un jour, j'étais assise face à une aide-soignante âgée que je ne connaissais pas, et comme cela arrive souvent au sein du personnel hospitalier, nous nous entretenions de nos patients tout en nous plaignant de ceux qui étaient particulièrement méchants. Je n'oublierai jamais ses paroles lorsqu'elle me dévoila malgré elle le mystère se rapportant à la maison de ma soeur et l'accident de Pammy :
- Le monde est plein de gens méchants, dit-elle, mais j'avais un voisin qui les surpassait tous, le vieux monsieur Clayton. Ce vieil homme, je ne risque pas de l'oublier ! Il détestait tout le monde, et par dessus tout, les gosses. En fait, il a juré que si un enfant habitait jamais dans sa maison, les parents le regretteraient. Vraiment, c'était un fou. Si quelqu'un devait revenir pour hanter sa maison, ce serait lui. Il est mort l'an dernier, d'une mort horrible, et je crois qu'il l'a bien méritée.
Elle fit une pause pour siroter son café, puis elle reprit :
- Il est mort brûlé dans son lit.
J'en eus l'estomac tout retourné. Il fallait que je sache :
- Où habitait M. Clayton ?
Oui, George Clayton avait vécu dans la grande et vieille maison de Connie ! En posant d'autres questions, je finis par savoir que le lit de mort de ce monsieur se trouvait dans la pièce que Connie et Dan utilisaient comme salle à manger, exactement là où Pammy avait été brûlée.
Etait-ce vraiment pure coïncidence ? Ou bien un vieil homme aigri avait-il exercé sa vengeance depuis sa tombe ?

Judith E. Dixon, Safety Harbor, Floride, mars 1972
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Publié le 13 février 2013
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