Émilie Sagée

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Émilie Sagée

Message par Passiflore le Ven 14 Avr - 18:11

Quand le corps éthérique fait une sortie

Les récits de personnes affirmant avoir rencontré leur double sont généralement traités comme des cas d’hallucination : hallucination qui peut être dangereuse et entraîner des troubles assez graves chez le sujet pour le conduire au suicide.
Mais l’inverse se produit aussi : une personne peut n’avoir aucune conscience du double présent à ses côtés, et ce sont les témoignages de l’entourage qui leur font découvrir cette présence.
Tel est le cas de l’enseignante française Emilie Sagée au milieu du XIXe siècle.
En 1845, le directeur d’un institut pour jeunes filles nobles, le pensionnat Von Neuwelcke, situé dans l’actuelle Lettonie à environ 60 km de Riga, engage comme professeur de français une jeune femme sous le nom d’Emilie Sagée, qui dit être née trente deux ans plus tôt à Dijon.
La nouvelle préceptrice, d’un tempérament très gai, fait preuve d’une intelligence et d’un sens de l’éducation qui attirent bientôt favorablement l’attention du directeur, Herr Busch.
Mais quelques semaines après son arrivée, des rumeurs commencent à circuler parmi les quarante-deux élèves de l’établissement.

D’étranges phénomènes se produisent en effet :

A plusieurs reprises, alors qu’une élève dit avoir vu la préceptrice à un bout du bâtiment, un autre affirme l’avoir croisée au même moment à l’autre extrémité du pensionnat.
Au début, les professeurs ne prêtent guère l’oreille à ces bruits absurdes. Puis l’affaire se complique.
Un jour, alors qu’alors qu'Émilie Sagée est au tableau noir, en train de donner un cours de grammaire à treize jeunes filles (parmi lesquelles une certaine Julie von Güldenstubbe à qui on doit plus tard le récit du cas), une silhouette apparaît à ses côtés, imitant ses mouvements à la perfection.
Le seul détail qui diffère est l’absence de craie dans la main.
Le double continue à se manifester au cours des semaines qui suivent (il est également vu par des domestiques) et il adopte progressivement un comportement de plus en plus indépendant.
Ainsi, un jour, les quarante-deux élèves sont occupées à des travaux de broderie dans une pièce du rez-de-chaussée, sous la surveillance d’une maîtresse.
Par la fenêtre, les enfants peuvent apercevoir Émilie Sagée dans le jardin.
A un moment donné, leur surveillante s’absente… pour être remplacée par le double, immobile et silencieux.
Dehors, Émilie Sagée semble subitement avoir des difficultés à se mouvoir.
Dans la classe, certaines jeunes filles osent s’approcher et constatent que le double de la préceptrice n’offre qu’une légère résistance aux mains, qui le traversent.
Il finit par disparaître.

Tous ces événements émeuvent, bien sûr, au plus haut point les jeunes pensionnaires et provoquent de nombreux départs.
Au bout de dix-huit mois, les parents ayant retiré trente des quarante-deux élèves, le directeur prend la décision de se séparer d’Émilie.
Celle-ci soupire, avant de partir, que c’est la dix-neuvième fois qu’elle est obligée d’abandonner un poste, toujours pour la même raison, depuis qu’elle a commencé à donner des cours à l’âge de seize ans…
Julie Von Güldenstubbe reste en contact avec son ancien professeur jusque dans les années 1850.
Après quoi, on perd définitivement la trace de celle-ci en Russie, où elle a émigré comme préceptrice au service d’une famille.



Publié par Fée le 20 juin 2005
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