La femme qui voit avec ses pieds

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La femme qui voit avec ses pieds

Message par Passiflore le Sam 15 Avr - 17:30

Rosa Kuleshova naquit en 1941 à Nijnii Taghil, ville située au coeur de l'Oural, entre Perm et Sverdlovsk. Plusieurs de ses parents étaient atteints de cécité congénitale, et tout naturellement, après son travail scolaire, l'enfant, au cours des longues soirées familiales, apprit à lire le braille avec ses doigts.
Il fut bien vite évident qu'elle possédait un système nerveux et sensoriel extraordinaire, car bien que dotée d'une vue parfaitement normale par ses yeux, elle voyait aussi avec le bout de ses doigts et même par chaque fibre de sa peau.
Une tare héréditaire modifiant les facultés physiologiques était-elle cause de l'anomalie ? Cette tare avait-elle déterminé une sorte de mutation cellulaire ?
C'est ce que pensent les médecins de l'Institut de Neurologie de Moscou qui, en 1963, étudièrent le cas de Rosa Kuleshova, hospitalisée dans leur service pour des crises d'épilepsie.
Le docteur Isaac Goldberg constata avec stupeur que Rosa lisait du bout du doigt (avec le majeur droit), non seulement les caractères brailles imprimés en relief, mais aussi les textes écrits à l'encre ou imprimés sur un livre ou sur un journal.
Des expériences furent effectuées sous le contrôle des médecins de l'Institut, afin de déceler une supercherie.
On banda soigneusement les yeux de la jeune fille. La lecture visuelle ne pouvait s'exercer par l'espace compris entre le foulard et les joues, trucs habituels des illusionnistes.
Rosa, en effleurant chaque ligne avec un doigt, lut d'abord les titres d'un journal disposé devant elle, puis à haute voix, lentement, mais sans marquer de temps d'arrêt, elle déchiffra tout le texte d'un article.
Le test était probant : il n'y avait nulle fraude, mais la plupart des assistants pensa que le doigt intelligent, sensible, tâtait et discernait le relief infime de l'impression par encrage. On plaça une plaque de verre sur le journal et Rosa ne put lire les petits caractères en corps 8 ou 10, mais elle lut parfaitement les gros titres dont les lettres étaient espacées.
Il s'agissait donc bien de vision par la peau et non de sensibilité extrême d'un épiderme doté d'un réseau nerveux exceptionnel.
La preuve devint plus évidente encore quand on présenta au doigt des photos qui furent formellement identifiées.
- Je vois, dit Rosa, des soldats qui marchent sur une place publique. Ils ont des casques et des fusils. Des avions les survolent... Cette autre photo représente des gens qui déjeunent au bord d'une rivière. Sur celle-ci, je vois un homme âgé. Il a une forte moustache et trois décorations sont épinglées sur sa poitrine.
Elle décrivit fidèlement une photo en couleurs, désignant le vert des arbres, le bleu du ciel, le gris et le rouge des costumes.
Des feuilles de papier diversement teintées furent identifiées avec facilité :
- Cette page est bleue... cette page est rose... cette autre jaune, celle-ci blanche, celle-ci noire, marron, verte, rouge.
Avec des lumières projetées sur un écran, le test se révéla aussi probant, le sujet" voyant" non plus avec son doigt, mais sans doute par la peau de son visage et de son corps, de la même façon, mais en plus nuancé, que les vers de terre, naturellement privés d'yeux, distinguent la lumière et les intensités d'éclairement.
D'autres expériences montrèrent que Rosa pouvait lire et voir les couleurs avec le bout de son nez et avec sa langue.
Avec ses doigts de pied, elle lisait aussi couramment qu'avec son majeur droit, effleurant le texte soit avec le gros doigt soit du bout délicat de ses autres orteils.
Ces phénomènes pouvaient s'expliquer de deux manières : ou bien Rosa lisait avec sa peau pourvue de cellules nerveuses inconnues et sensibles à la lumière; ou bien elle "voyait" avec son sensorium, comme les médiums et les voyantes.
De toute façon, un mystérieux inconnu entrait en jeu, soit avec les yeux des cellules de l'épideme, soit avec le Troisième Oeil.
Le cas n'est pas unique et de tout temps des phénomènes semblables furent enregistrés. Dans un hôpital de Bangkok, en Thaïlande, on apprend sous hypnose aux jeunes aveugles à distinguer les contours des objets par réception directe des images-lumière sur la peau des joues.
Les biologistes ne sont pas éloignés de croire que chaque cellule du corps humain est un microcosme comportant en puissance toutes les destinations possibles et toutes les spécialisations fonctionnelles. Sont-ce ces pouvoirs inconnus qu'utilisent certains êtres d'exception monstrueusement développés ou que cultivent les initiés à l'ésotérisme transcendant ?

Robert Charroux, Histoire inconnue des hommes depuis cent mille ans
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