Séparation douloureuse

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Séparation douloureuse

Message par Passiflore le Lun 3 Avr - 12:43

Mon mari, avec lequel je vivais depuis 40 ans, est décédé en février dernier, d'un cancer. Il avait 66 ans. Depuis, je ne vis plus, je survis. Ma fille et moi sommes allées voir une médium, mais bien qu'elle ait dit des choses intéressantes, je ne suis pas convaincue.
Dans ma souffrance insoutenable, je voudrais avoir, par moi-même, un signe de lui, une preuve qu'il subsiste quelque part. Il me semble avoir eu une réponse le soir de son enterrement. Nous habitons Nancy mais nous l'avons inhumé à Paris, dans le caveau familial.
Sur la route du retour, il faisait nuit et très froid, j'avais l'impression de ma désagréger de souffrance. Mon beau-frère conduisait notre voiture, et ma fille et moi ne supportions pas de voir quelqu'un d'autre à la place du conducteur. Cette voiture, mon mari l'avait achetée un an auparavant, et il en était content et fier comme un petit garçon qui a un beau jouet. Il avait une âme d'enfant, un enfant doux, naïf, jamais agressif ni rancunier alors qu'il avait eu une vie pleine de souffrances.
Alors sur cette route que nous avions prise si souvent pour partir en vacances ou rendre visite à la famille, j'ai fait une demande, j'ai supplié, en silence, d'obtenir un signe, j'ai pensé : "Je voudrais voir un petit Jacques".
Aussitôt j'ai trouvé ma demande stupide, irréaliste. Pourquoi un petit Jacques ? Je n'avais aucune chance, nous approchions de Nancy, nous allions rentrer, essayer de manger, nous coucher... Malgré tout j'ai persisté : "Je veux, ce soir, un petit Jacques".
Dans la voiture, il y avait, outre ma fille et mon beau-frère, deux de mes belles soeurs, les soeurs de Jacques. Ils ne savaient rien de cette demande, formulée en silence.
C'est alors que mon beau-frère a stoppé la voiture devant un "routier", un petit café restaurant, il voulait se rendre aux toilettes et boire quelque chose de chaud.
A peine étions-nous entrés, qu'un tout petit garçon s'est précipité à notre rencontre; il a soulevé son pull et a dit : "T'as vu ?" en nous montrant son petit ventre rond.
Il avait la même morphologie que mon Jacques, et "t'as vu?" était une expression favorite de Jacques lorsqu'il voulait nous montrer quelque chose.
Nous avons commandé des consommations, et le petit garçon, fils des propriétaires, s'est installé près de nous. Il a sorti une petite trousse d'école, l'a ouverte d'un air important, et en a sorti des découpages de catalogue, minuscules, et pliés en quatre. Il a déplié le premier, toujours très gravement, et l'a montré à ma fille d'abord, en disant : "T'as vu ?". J'ai vu qu'elle changeait de tête, elle m'a tendu le découpage, c'était notre voiture, même marque, même couleur.
Quand mon mari la garait devant chez nous, il soulevait le rideau pour nous la montrer et disait fièrement : "T'as vu ?"
Puis le petit garçon a sorti un autre découpage, l'a tendu à ma fille : "T'as vu ?" C'était un plaid écossais destiné à protéger les sièges arrière d'une voiture; comme nous avons un chien, Jacques avait acheté le même plaid, même forme, même couleur, avec des élastiques pour le maintenir; il était aussi très content de son acquisition : "T'as vu ?"
Le troisième découpage était la réplique exacte du téléphone portable de notre fille.
Puis le petit garçon, qui n'avait pas 3 ans, s'est dirigé vers une fenêtre proche de la route, il a soulevé le rideau et nous a montré les voitures en disant : "T'as vu ? Une Audi ! T'as vu ? Une Renault, etc.." Devant notre étonnement, le patron, son père, s'est approché et nous a dit qu'il lui apprenait les noms des voitures.
Quand nous sommes partis, le petit garçon nous a tendu sa joue en réclamant : "Bisou", plusieurs fois de suite, de sorte que nous revenions sur nos pas pour lui faire encore un bisou. Ma fille et mes belles soeurs étaient bouleversées, surtout quand je leur ai parlé de ma demande !
A votre avis, était-un signe ?
En lisant les témoignages, je voudrais essayer une méthode pour entrer en contact avec Jacques, mais je ne sais quoi faire.
Je suis bouddhiste, et mes amis me disent qu'il faut laisser les morts en paix, d'autres me le disent aussi. Par contre la personne avec laquelle je fais de l'hypnose eriksonnienne me demande d'interroger des personnes décédées, mon mari, ma grand-mère...
Je ne sais plus que penser, je suis en enfer, j'ai des pulsions de suicide.
Je sais bien que ce n'est pas votre propos d'aider les gens en deuil, mais je cherche une "porte" à ouvrir.

Voilà, merci de m'avoir lue.

G. L. de Nancy



Publié par Fée le 12 août 2006
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